ACTUALITES

Haïti sous la menace imminente d’une émeute de la faim

Les indicateurs économiques sont au rouge, par conséquent toutes les conditions sont réunies pour que le pays connaissance une émeute de la faim, prévoit l’économiste Enomy Germain .

Le professeur d’université souligne qu’en 2008 le taux de l’inflation était estimé à 16,3 % au mois d’avril alors que 14 années plus tard (en 2022) elle a atteint 25,2%. Les produits importés représentent la cause fondamentale d’une telle augmentation de l’avis de l’économiste, considérant l’augmentation du taux du dollar américain nécessaire aux commerçants pour se procurer de ces produits. L’augmentation de l’inflation des produits importés est de 34% alors que celle des produits locaux est de 20%.

Haïti sous la menace imminente d'une émeute de la faim

En 2008 l’inflation sur le riz était estimée à 10,3% aujourd’hui elle est à plus de 27% et cette situation est presque similaire pour les autres produits alimentaires, souligne l’économiste Germain.

Selon les chiffres officiels de la Coordination Nationale de Sécurité Alimentaire, CNSA 4,5 millions de personnes ont besoin d’une assistance urgente aujourd’hui. Des facteurs tels: l’incertitude politique chronique qui sévit dans le pays, la situation du grand Sud, l’importation, la dépréciation de la gourde par rapport au dollar américain, expliquent cette situation selon Enomy Germain.

En vue de pallier à ce problème l’économiste plaide en faveur des « transferts sociaux sans conditionalités » , une méthode visant à assister les personnes les plus démunies. Il se montre toutefois dubitatif en ce qui concerne la mise en place d’un tel programme, par les autorités. L’économiste en veut pour preuve l’incapacité du Ministère des Affaires Sociales et du Travail à identifier les personnes les plus démunies comme a été le cas durant l’apparition de la COVID 19 en Haïti.

Le pays est sous la menace imminente d’une émeute de la faim, les autorités ne font que constater comme de

simples citoyens. Elles ne parlent que de la tenue des prochaines compétitions électorales, l’insécurité et le kidnapping. En dépit des alertes de plusieurs économistes, aucune disposition n’a été adoptée pour éviter au pays une éventuelle émeute de la faim.

Suivez-nous sur

Facebook