Trafic d’armes : l’OCNH salue le rapport du juge Massillon et appelle à une action judiciaire ferme

L’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) a salué la publication du rapport de supplément d’information rendu le 16 février 2026 par le juge Noé Pierre Louis Massillon, désigné par la Cour d’appel de Port-au-Prince, dans le cadre du dossier de trafic illégal d’armes et de munitions impliquant l’Église épiscopale d’Haïti.
L’affaire remonte à juillet 2022, lorsque des armes à feu et des munitions auraient été importées sous couvert de la franchise douanière accordée à l’institution religieuse. Selon les éléments rappelés par l’OCNH, plus de 2,3 millions de dollars américains ainsi que plus de 142 millions de gourdes ont été gelés dans le cadre de cette procédure, considérée comme l’un des dossiers de criminalité transnationale les plus graves de ces dernières années en Haïti.
Une avancée majeure dans la quête de vérité
Dans sa prise de position, l’OCNH souligne que le rapport du juge Massillon constitue « une avancée majeure dans la quête de vérité ». L’organisation de défense des droits citoyens salue le courage et la rigueur technique des magistrats ayant participé à l’instruction.
Le document mettrait en lumière un réseau complexe impliquant des cadres liés à des institutions religieuses, des courtiers ainsi que des complices à l’international. L’analyse détaillée des responsabilités pénales des inculpés traduirait, selon l’OCNH, une volonté manifeste de démanteler les structures alimentant l’insécurité persistante dans le pays.
L’organisation insiste également sur la gravité de l’utilisation de privilèges douaniers à des fins criminelles, évoquant non seulement le trafic d’armes, mais aussi des faits présumés de fausse monnaie et de contrebande. Elle qualifie ces pratiques de « trahison grave envers la société haïtienne » et de détournement d’institutions au profit du crime organisé.
Des recommandations aux autorités et à la société
Au regard de la gravité des faits révélés, l’OCNH formule plusieurs recommandations.Elle appelle d’abord le ministère de la Justice et les autorités de poursuite pénale à engager l’action publique « avec diligence, indépendance et fermeté », sans ingérence politique, diplomatique ou institutionnelle. Pour l’organisation, ce dossier doit établir un précédent clair démontrant que le principe d’égalité devant la loi s’applique à tous, indépendamment du statut social, économique ou religieux.
À la Cour d’appel de Port-au-Prince, l’OCNH recommande aux juges appelés à statuer en matière pénale de s’appuyer rigoureusement sur les conclusions du juge d’instruction afin d’ordonner, le cas échéant, le renvoi des inculpés devant la juridiction criminelle compétente.
L’organisation exhorte également l’Administration des douanes et le ministère des Finances à procéder à une révision approfondie des mécanismes d’octroi et de gestion des franchises douanières accordées aux organisations religieuses et non gouvernementales. Elle plaide pour un renforcement des contrôles, notamment a posteriori, l’instauration de mécanismes de traçabilité efficaces et la sanction de tout abus.
L’OCNH encourage l’Église épiscopale d’Haïti à coopérer pleinement avec les autorités judiciaires et à engager des réformes internes visant à renforcer la transparence, la redevabilité et l’intégrité de sa gouvernance, afin de restaurer sa crédibilité morale et la confiance du public.
Un test pour le système judiciaire
S’adressant à la société civile, aux médias et aux citoyens, l’OCNH appelle à la vigilance et au soutien des magistrats intègres engagés dans la lutte contre la criminalité organisée. L’organisation réaffirme que la fin de l’impunité constitue une condition essentielle à la paix publique et à la stabilité démocratique en Haïti. Le dossier impliquant l’Église épiscopale apparaît, selon elle, comme un test déterminant pour l’intégrité et la crédibilité du système judiciaire national.