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Récit accablant d’un père de famille qui traverse quotidiennement Martissant, pour aller travailler à Pétion-ville

Bon nombre de pères et mères de familles défient l’insécurité et le kidnapping qui règnent en maître à Martissant, pour aller travailler au centre-ville de Port-au-Prince. C’est le cas de Vilsaint, cet agent de sécurité, qui habite à Mariani, dans la commune de Carrefour. Quotidiennement, il doit traverser Martissant, un quartier hautement contrôlé par des gangs armés. Le père de 5 enfants affirme avoir déjà vécu l’horreur. Il nous expose son calvaire quotidien.

 » Une fois arrivé au boulot, dès sept heures 30 du matin, je dois avant tout téléphoner à ma femme pour lui signifier que je suis arrivé et la rassurer que je suis sain et sauf. Mon arrivée au travail est comme un signe de victoire pour ma femme qui se montre toujours joyeuse, à l’ autre bout du fil », explique Vilsaint.

Récit accablant d'un père de famille qui traverse quotidiennement Martissant, pour aller travailler à Pétion-ville

Ce dernier raconte que si un jour il n’informe pas sa femme de son arrivée, celle-ci va passer toute la journée à l’appeler et se faire du souci s’il ne décroche pas; or, à son travail le téléphone est interdit précise-t-il.

Situé dans la troisième circonscription de Port-au-Prince, le quartier de Martissant est totalement oublié par les autorités étatiques. Les gangs armés ont droit de vie et de mort sur chaque citoyen qui y circule. Arpenter cet espace sans se faire tuer ou kidnapper n’est autre que le fruit du hasard.

En dépit des enlèvements et fusillades, quotidiennement, dans ce quartier, Vilsaint doit coûte que coûte traverser cet endroit pour se rendre au travail.

 » Mes journées sont partagées entre peur et inquiétude, compte tenu du danger auquel je suis exposé en traversant Martissant au quotidien. Presque chaque jour je vois des cadavres abandonnés à travers les chaussées au niveau de Martissant, ça aurait pû être moi, mais Dieu me préserve toujours la vie », déclare cet homme d’un air reconnaissant.

« Je pourrais laisser ce job, d’ailleurs, je suis très mal rémunéré; cependant, je suis obligé de le garder pour répondre aux besoins de mes cinq enfants », poursuit-il. Le père de 5 enfants vit dans une peur constante.

Si cet homme n’est pas encore victime , son ami Néréstant était moins chanceux que lui, selon ce qu’il a raconté. Son ami a été kidnappé, puis tué par les hors-la-loi qui contrôlent Martissant. Depuis la mort de Néréstant, Vilsaint affirme avoir une autre perception de la vie. Il dit garder des souvenirs impérissables de son ancien ami et collègue de travail.

Vilsaint n’est, malheureusement, pas la seule personne qui se trouve dans cette situation. Si certains ont déjà baissé les bras ou abandonné leurs boulots, d’autres par contre choisissent de quitter la zone en vue d’échapper à la fureur des gangs armés.

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