Rapport des experts des Nations Unies : les sanctions se multiplient et les réactions pleuvent

Le Collectif Défenseurs Plus dit prendre acte de la publication du rapport du Groupe d’experts sur Haïti, créé en application de la résolution 2653 (2022) du Conseil de sécurité des Nations Unies. Couvrant la période d’octobre 2025 à juillet 2026, le document revient sur la dégradation de la situation sécuritaire et des droits humains en Haïti, marquée notamment par la persistance des violences armées, le trafic d’armes, les violences sexuelles, le recrutement d’enfants par les groupes armés et l’impunité.
Pour Défenseurs Plus, ces conclusions ne constituent pas une surprise. Le collectif estime toutefois que la crise haïtienne ne saurait être réduite à la seule présence des groupes armés. Il met également en avant les réseaux de financement, le trafic d’armes, les complicités présumées et les défaillances institutionnelles qui, selon lui, contribuent à renforcer l’emprise de la criminalité organisée sur les populations et les territoires.
Défenseurs Plus cite notamment les chiffres rapportés dans le document onusien : entre octobre 2025 et avril 2026, plus de 3 100 personnes auraient été tuées et plus de 1 500 blessées dans des violences liées aux groupes armés. Les femmes et les filles restent particulièrement exposées aux violences sexuelles, tandis que des enfants seraient recrutés et utilisés par des groupes armés.
Le collectif condamne ces violations et soutient que la lutte contre l’insécurité ne peut se limiter aux personnes qui portent les armes. Pour Défenseurs Plus, la lutte contre l’impunité passe également par une justice impartiale et le renforcement de l’État de droit.
L’organisation appelle ainsi à l’ouverture d’enquêtes indépendantes et crédibles sur les violations rapportées, à la poursuite des auteurs, commanditaires, financeurs et facilitateurs présumés, ainsi qu’au renforcement de la lutte contre le trafic d’armes et le financement des groupes armés.
Défenseurs Plus demande également une meilleure protection des femmes, des enfants et des personnes déplacées, ainsi qu’un accès effectif des victimes à la justice, aux soins et à la réparation. Le collectif plaide enfin pour un renforcement de la coopération judiciaire et du contrôle transfrontalier des armes et des flux financiers.
« Le moment n’est plus aux simples condamnations. Il faut agir, enquêter, poursuivre, juger et protéger », soutient Défenseurs Plus, qui estime que la population haïtienne a droit à la sécurité, à la justice et à la dignité.