Massacre à Kenscoff : pourquoi les routes qui facilitent l’approvisionnent des bandits en armes et en munitions, sont-elles négligées ?

« Les autorités n’ont aucune volonté de combattre les gangs armés », estime l’ancien ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Maître Lucmane Délile.
L’ancien commissaire du gouvernement de Port-au-Prince s’interroge sur le refus des autorités de prendre des dispositions sécuritaires susceptibles de bloquer les voies d’approvisionnement en armes et en munitions, utilisées par les groupes armés qui terrorisent la population de Kenscoff.
Selon Maître Lucmane Delile, les armes et les munitions destinées aux hommes de la bande à « Didy » transiteraient principalement par trois axes : Martissant, Gressier et Mariani. Il estime que tant que des mesures concrètes ne sont pas prises pour contrôler et sécuriser ces voies, le problème de banditisme à Kenscoff restera entier.
Pour le responsable de la structure politique, Debout Citoyen pour le Respect de la Souveraineté Nationale, cette situation soulève de sérieuses interrogations. Il évoque même une possible connivence entre certains membres de l’équipe au pouvoir et la coalition criminelle dénommée « Viv Ansanm ».
De l’avis de l’homme de loi, le laxisme des autorités face aux voies d’approvisionnement utilisées par les groupes armés ne serait pas le fruit du hasard. Selon lui, certains responsables politiques utiliseraient les gangs comme une « béquille » leur permettant de se maintenir plus longtemps au pouvoir.
Pour Maître Lucmane Delile, seule une mobilisation de la population civile peut permettre de libérer le pays de l’emprise des groupes armés. Il estime qu’une véritable épée de Damoclès est désormais suspendue au-dessus de Pétion-Ville, après le massacre perpétré dans le centre-ville de Kenscoff.
L’ancien ministre se dit profondément indigné, estimant que les autorités avaient été informées des risques qui pesaient sur la commune, mais n’ont pas pris les dispositions nécessaires pour empêcher le drame. Cette attaque aurait coûté la vie à près d’une cinquantaine de personnes.
Ce comportement, affirme-t-il, ne le surprend guère, au regard de ce qu’il considère comme l’inaction des autorités lors de précédents massacres, notamment à La Saline, Pont-Sondé, Bel-Air, Solino et Warf Jeremie.