POLITIQUE

Le Protocole du 14 Janvier dénonce le « Pacte de Gouvernabilité » du gouvernement Fils-Aimé

 Les signataires du Protocole du 14 Janvier montent au créneau contre la publication du « Pacte de Gouvernabilité » par le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé. Dans une déclaration ferme, ils expriment leur vive préoccupation et leur opposition formelle à un document qu’ils qualifient d’initiative unilatérale et de dérive autoritaire.

Selon eux, le pacte a été rendu public sans consultation préalable des forces vives de la nation, ce qui constituerait une menace directe pour les fondements démocratiques du pays.

Un accord jugé déséquilibré

Le Protocole du 14 Janvier déplore que certains acteurs politiques aient apposé leur signature à ce pacte à durée indéterminée sans en mesurer les conséquences sur l’équilibre institutionnel. Les critiques se sont accentuées après la formation du nouveau cabinet ministériel, qui, selon les signataires, révèle la « véritable nature » de l’accord.

Ils rappellent que le Premier ministre avait promis la mise en place d’un gouvernement de technocrates capable de redresser la situation nationale. Or, affirment-ils, les nominations opérées témoigneraient d’un népotisme flagrant et d’un choix basé davantage sur l’appartenance politique que sur la compétence.

Toujours selon le Protocole, la majorité des nouveaux ministres ne disposeraient pas du profil académique et professionnel requis pour faire face aux défis actuels du pays. L’État serait ainsi transformé, dénoncent-ils, en « comptoir de distribution d’influence ».

Une transition fragilisée

Les signataires pointent également l’instabilité intrinsèque du pacte, évoquant l’insatisfaction déjà perceptible de certains de ses premiers soutiens. À leurs yeux, l’accord ne repose pas sur une vision nationale structurée, mais sur des intérêts partisans.

Face à ce qu’ils considèrent comme un échec annoncé, les membres du Protocole du 14 Janvier affirment refuser de rester passifs devant ce qu’ils décrivent comme un effondrement progressif de la transition.

Vers une « Solution Haïtienne »

En réponse, ils annoncent l’ouverture immédiate d’une série de consultations avec les différents secteurs de la vie nationale : partis politiques, organisations de la société civile, secteur privé, organisations populaires et syndicats.

L’objectif affiché est de dégager une alternative au Pacte de Gouvernabilité, à travers un accord politique qu’ils souhaitent cohérent, inclusif et rigoureux. Cette proposition devrait être présentée à la nation comme une « Solution Haïtienne », affranchie des négociations à huis clos et recentrée sur le retour à l’ordre constitutionnel ainsi que sur la sécurité des citoyens.

Le Protocole du 14 Janvier conclut en réaffirmant que la transition ne saurait être « le terrain de jeu d’une élite déconnectée », mais doit plutôt constituer le point de départ d’un véritable renouveau démocratique pour Haïti.