La COPAH plaide pour le dialogue entre le CEP et le gouvernement autour du décret électoral

La Conférence des pasteurs haïtiens (COPAH) a appelé, dans une déclaration rendue publique mercredi, au dialogue, à la transparence et au respect mutuel entre le Conseil électoral provisoire (CEP) et le gouvernement de transition, alors que des divergences sont apparues autour du projet de décret électoral devant encadrer les prochaines élections.
Dans cette note de presse signée par le révérend pasteur Ismaël Baptiste, secrétaire exécutif et président de l’organisation, la COPAH indique suivre avec attention les échanges récents entre les deux institutions. Elle relève notamment des versions contradictoires concernant l’issue de leur récente rencontre.
Selon la déclaration, la Primature évoque une convergence de vues et une démarche de coordination institutionnelle autour du processus électoral. Le CEP, pour sa part, fait état d’un désaccord de fond sur le contenu du projet de décret et affirme avoir été informé d’une version du texte qui diffère sensiblement de celle qu’il avait soumise à l’Exécutif.
Face à cette situation, la COPAH estime que les divergences observées doivent être traitées dans un esprit de concertation et de transparence. L’organisation considère que le projet de décret électoral pourrait nécessiter des clarifications, des corrections ou des ajustements afin de garantir sa conformité aux principes démocratiques et aux exigences d’un scrutin crédible.
Toutefois, elle insiste sur le fait que ces éventuelles modifications ne devraient pas être réalisées de manière unilatérale. Elles doivent, selon elle, faire l’objet d’échanges ouverts entre les institutions concernées et les acteurs compétents, dans le souci d’assurer l’organisation d’élections libres, transparentes, inclusives et acceptées par l’ensemble des parties prenantes.
La COPAH rappelle également que la crédibilité du processus électoral repose sur l’indépendance des institutions, la transparence des décisions publiques, le dialogue entre les acteurs concernés et le respect des principes constitutionnels. Elle souligne qu’une autorité électorale indépendante et impartiale demeure essentielle pour renforcer la confiance des citoyens, des partis politiques et des différents secteurs de la société dans les résultats électoraux.
Dans sa déclaration, l’organisation religieuse réaffirme que le peuple haïtien doit pouvoir exercer librement son droit de choisir ses dirigeants à travers des élections reconnues et acceptées par l’ensemble des forces politiques. Elle estime également que le respect de l’autonomie de l’autorité électorale et la tenue des élections dans des délais appropriés constituent des éléments fondamentaux pour préserver la confiance citoyenne et favoriser la stabilité institutionnelle.
La COPAH appelle par ailleurs les autorités de la transition à ne pas perdre de vue le caractère exceptionnel et temporaire de la période actuelle, qui doit demeurer orientée vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel.
Dans un contexte marqué par la dégradation de la situation sécuritaire, l’expansion des groupes armés et les atteintes aux droits fondamentaux, l’organisation estime que le rétablissement de la sécurité, la protection de la population et le renforcement de l’État de droit doivent demeurer des priorités.
En conclusion, la COPAH exhorte le gouvernement de transition, le CEP et l’ensemble des acteurs concernés à privilégier le dialogue institutionnel et la recherche de solutions conformes à la Constitution et à l’intérêt supérieur de la Nation. Elle réaffirme que le retour à l’ordre constitutionnel à travers des élections démocratiques, transparentes, inclusives et crédibles demeure la meilleure voie pour renforcer la légitimité des institutions et favoriser une stabilité durable en Haïti.