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Intimité , un souvenir lointain pour les femmes et fillettes réfugiées au centre sportif de Carrefour

  1. « Comme toute famille j’avais une maison bien entretenue avec une douche bien gardée dans laquelle je pouvais prendre mon bain en toute intimité . Pourtant , aujourd’hui tout ça n’ est que l’ ombre du passé « , raconte Jeanette âgée de 37 ans . Elle s’est réfugiée au centre sportif de carrefour le lendemain du massacre qui a eu lieu au niveau de la 3ème circonscription de Port-au-Prince. La jeune dame nous confie que son intimité se conjugue à présent au passé .

Il est une heure de l’ après midi , Jeanette n’ est pas encore allée à la douche depuis la matinée .Très sensible pour son hygiène corporelle , elle est visiblement mal à l’ aise en nous faisant une telle confession . »Il y a trop de personne dans le centre , je n’ arrive pas à m ‘ y adapter . Hier j’ ai vécu un mauvais moment en prenant ma douche . Des hommes me regardent et font des commentaires malsains sur mon corps « , déplore t- elle avec un air découragé .

Moins de 24 heures après ce moment qu’ elle qualifie de tragique , les commentaires raisonnent encore comme un tocsin dans sa tête .Elle vit dans la peur constante . Depuis, la jeune dame éprouve le sentiment d’avoir été violée .

Intimité , un souvenir lointain pour les femmes et fillettes réfugiées au centre sportif de Carrefour

Jeanine n’ est pas la seule à se retrouver dans cette situation . Elle peint la réalité des autres femmes du centre. Retourner vivre chez elle, c’est ce qu’elle souhaite plus que toutes autres choses au monde .Ce désir pour elle reste comme un rêve dénué de toute fondement logique , considérant la passivité des autorités face aux agissements des gangs armés.

Jeanine souhaite toutefois que des dispositions soient adoptées afin de préserver l’ intimité des femmes et fillettes vivant dans ce camp de fortune.

Après la visite du premier ministre par intérim à Martissant, Jeanine dit avoir ressenti une lueur d’espoir qui aujourd’hui se transforme en désespoir. Les autorités oublient de manière progressive les déplacés , leurs conditions se détériorent, la manifestation des gestes de solidarité se fait de plus en plus rare .

Ce que Jeanine est entrain de vivre peut entraîner des conséquences irréversibles . Les autorités doivent coûte que coûte prendre des dispositions pour faciliter le retour immédiat de ces déplacés . Si rien n’est fait en ce sens, des cas de viols et de grossesses précoces ne seraient pas une surprise dans les prochains jours.

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