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Extradition de Félix Badio et des 17 Colombiens : un camouflet pour la justice haïtienne

Jovenel Moïse était avant tout un président haïtien en fonction. Il a été assassiné en Haïti, dans sa résidence privée à Pèlerin, dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021. Plusieurs inculpés ont été entendus par la justice américaine. De son côté, la justice haïtienne a mené des enquêtes et entendu certains inculpés et témoins dans le cadre de l’assassinat du président Jovenel Moïse.

Ce dimanche 20 septembre 2026, 18 personnes inculpées dans l’assassinat de Jovenel Moïse ont été extradées vers les États-Unis. Parmi elles figurent Félix Joseph Badio, présenté par certaines sources comme l’un des principaux suspects dans le dossier, ainsi que 17 ressortissants colombiens.

La question que nous nous posons au sein du Mouvement Point Final est la suivante : pourquoi la justice américaine manifeste-t-elle beaucoup plus d’intérêt pour le procès de Jovenel Moïse que la justice haïtienne ?

Pour nous, au sein du Mouvement Point Final, cette situation s’apparente à une forme de « colonisation judiciaire » et constitue une atteinte grave à la souveraineté nationale d’Haïti.

L’assassinat du président Jovenel Moïse est un crime transnational impliquant, selon les éléments évoqués dans le dossier, des citoyens colombiens, américains et haïtiens. Comment peut-on admettre que la justice américaine exerce une telle prépondérance dans le traitement judiciaire de l’assassinat d’un président haïtien en fonction ?

Est-ce pour blanchir d’éventuels ressortissants américains et des entreprises américaines qui auraient été impliqués dans l’assassinat de Jovenel Moïse ?

Si les États-Unis manifestent autant d’intérêt pour rendre justice au président Jovenel Moïse, pourquoi leurs services de renseignement ne seraient-ils pas intervenus pour lui venir en aide avant son assassinat ?

Puisque l’assassinat du président Jovenel Moïse ressemble, selon nous, à un scénario minutieusement préparé par des professionnels du crime, les États-Unis veulent-ils s’en emparer pour en faire un long métrage destiné à Hollywood ?

Pendant ce temps, en Haïti, la justice haïtienne donne l’impression de faire du « théâtre amateur » autour d’un dossier aussi important que l’assassinat d’un président en fonction.

Notre inquiétude, au sein du Mouvement Point Final, est de voir éventuellement blanchir des ressortissants américains, des responsables de CTU ainsi que certaines agences américaines de transfert d’argent qui auraient été impliquées dans l’assassinat du président Jovenel Moïse.

À noter que, selon le Mouvement Point Final, les États-Unis ont déjà eu ce type de pratique en Haïti. Par exemple, durant la période du coup d’État militaire de 1991 contre le président Jean-Bertrand Aristide, les militaires, les membres du FRAPH et les putschistes auraient massacré des milliers d’Haïtiens avec la complicité des autorités américaines. Les principaux documents relatifs aux crimes commis durant cette période seraient encore entre les mains de la justice américaine.

C’est pourquoi nous, au sein du Mouvement Point Final, n’avons aucune confiance dans la justice américaine lorsqu’il s’agit du procès relatif à l’assassinat du président Jovenel Moïse.

Les États-Unis veulent, selon nous, tout simplement blanchir leurs ressortissants et laisser la responsabilité pleine et entière de l’assassinat du président Jovenel Moïse aux Haïtiens.

Ce que nous demandons au sein du Mouvement Point Final, c’est qu’en dehors de la procédure judiciaire menée aux États-Unis, un véritable procès national soit organisé en Haïti sur l’assassinat du président Jovenel Moïse. Cela devrait, selon nous, intervenir avant même de parler d’élections en Haïti, afin d’éviter que des assassins présumés puissent accéder au pouvoir.

Ulysse Jean Chenet