Idées

Dimitri Vorbe arrêté aux États-Unis : symbole d’une élite économique déchue 

Dans l’histoire des sociétés humaines, le développement véritable naît généralement de la synergie entre les détenteurs de capitaux et l’État. Ensemble, ils sont les architectes du progrès : ils créent des emplois, investissent dans les infrastructures sociales, culturelles, éducatives et sportives. Lorsque l’État n’en est pas l’acteur central, il en demeure au moins le catalyseur, créant les conditions nécessaires à l’épanouissement national.

Mais en ce qui concerne Haïti, force est de constater que ni l’État ni la classe économique n’assument ce rôle historique. L’État est gangrené par la corruption, devenu un instrument d’enrichissement personnel plutôt qu’un levier de transformation collective. Quant à l’élite économique, lorsqu’elle n’est pas directement complice de cette dérive, elle en est souvent l’un des principaux moteurs.

Cette bourgeoisie, parce qu’elle est corrompue, est devenue improductive. Elle extorque à l’État les ressources qu’elle devrait contribuer à générer. Elle le pille, le déstabilise et finit par en miner les fondements, parfois même en s’arrogeant ses fonctions.

Résultat : un État affaibli, vidé de sa substance, incapable d’assumer ses fonctions régaliennes les plus élémentaires. Or, en détruisant l’État, cette bourgeoisie compradore ne fait que scier la branche sur laquelle elle est assise. Elle tue, au fond, la vache qui l’allaite.

Aujourd’hui, cette élite paie le prix de son aveuglement, de son improductivité et de sa cupidité. Certains de ses membres, désireux de continuer à jouir du pays, se retrouvent désormais menacés par le monstre qu’ils ont eux-mêmes enfanté. Les Bidio, Beaussant, Vorbe, Boulos, Apaid, Deep, Maxène, Brown, pour ne citer qu’eux, sont aujourd’hui confrontés à l’Histoire.

Ils n’ont rien construit de durable dans ce pays, et ce pays, désormais, se détourne d’eux.Ils ont creusé la fosse dans laquelle ils commencent à tomber. Qu’ils continuent donc à répondre aux questions que l’Histoire leur pose.

 

JWD