Après une nuit de pluie, les déplacés face à une nouvelle menace sanitaire

Après une longue nuit de pluie sur le département de l’Ouest, MEDIC HAÏTI alerte les autorités sanitaires haïtiennes sur les risques élevés de propagation du choléra et d’autres maladies liées à la contamination de l’eau et aux matières fécales dans les camps de personnes déplacées internes.
La situation s’annonce particulièrement préoccupante pour les quelque 1,5 million de personnes qui, selon l’organisation, vivent dans des camps de déplacés internes dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et à Léogâne.
À Port-au-Prince, les conditions de vie des déplacés sont déjà alarmantes. Mal logés et exposés à une insalubrité extrême, ils se retrouvent davantage vulnérables après les précipitations enregistrées dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026.
Face à cette situation, MEDIC HAÏTI appelle le ministère de la Santé publique et de la Population à déployer des agents de promotion de la santé et de l’hygiène afin de sensibiliser les personnes déplacées aux mesures de prévention contre le choléra et les autres maladies liées à la contamination de l’eau et à une mauvaise gestion des excréments.
À Léogâne, la situation des personnes déplacées de Gressier reste tout aussi préoccupante. Ces familles vivent dans des conditions particulièrement difficiles, marquées par un manque d’infrastructures sanitaires adéquates.
Les déplacés originaires de la plaine du Cul-de-Sac et de Cité Soleil, installés le long de la route de l’Aéroport, font également face à de graves difficultés. Les tentes qui leur servent d’abris sont inadaptées et l’absence de blocs sanitaires contraint certains d’entre eux à faire leurs besoins à même le sol.
Dans d’autres camps de la capitale, les conditions d’hygiène demeurent extrêmement précaires. Des matières fécales sont visibles dans l’environnement immédiat des déplacés, tandis que des ectoparasites sont signalés sur leurs draps et leurs vêtements, selon les informations communiquées par l’organisation.
MEDIC HAÏTI met ainsi en garde contre un risque élevé de recrudescence du choléra et d’autres maladies liées à l’insalubrité et à la contamination de l’eau, particulièrement dans les camps de déplacés de la région métropolitaine de Port-au-Prince et de Léogâne, où les populations vivent dans une grande vulnérabilité.
Par ailleurs, plusieurs villes du pays sont déjà confrontées à des inondations, notamment Les Cayes, dans le département du Sud.
Ulysse Jean Chenet