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À l’occasion du 111e anniversaire de l’Occupation américaine de 1915, le Mouvement Point Final et l’Université Populaire des Palmes annoncent une semaine de réflexion

À l’occasion de la commémoration du 111e anniversaire de l’Occupation américaine d’Haïti (28 juillet 1915 – 28 juillet 2026), le Mouvement Point Final et l’Université Populaire des Palmes ont annoncé l’organisation d’une semaine de réflexion consacrée aux conséquences de cette période sur le sous-développement du pays.

Selon les organisateurs, cette initiative s’appuie sur les travaux de recherche réalisés par l’Université Populaire des Palmes, en partenariat avec MEDIC HAITI et le Mouvement Point Final, dans le cadre du projet « Diagnostic communautaire d’Haïti », lancé en janvier 2025. Ces recherches soutiennent que, après la dette de l’indépendance, l’Occupation américaine constitue l’un des principaux facteurs externes ayant influencé durablement l’évolution économique, politique et sociale du pays.

Les chercheurs identifient six domaines majeurs dans lesquels cette période aurait laissé des effets durables : l’économie, l’environnement, le social, l’agriculture et la sécurité alimentaire, la gouvernance politique ainsi que la sécurité.

Sur le plan économique, ils estiment que le transfert des réserves d’or haïtiennes vers les États-Unis, la prise de contrôle de plusieurs institutions financières et douanières ainsi que l’administration des principales sources de revenus de l’État ont profondément affecté les capacités économiques nationales.

Les organisateurs soutiennent également que l’exploitation de certaines ressources naturelles, les transformations agricoles et la déforestation durant l’occupation ont eu des conséquences importantes sur l’environnement, tout en modifiant les modes de production agricole.

Sur le plan social, ils avancent que la centralisation progressive des infrastructures et des services publics à Port-au-Prince aurait favorisé l’exode rural, tandis que le système de corvée imposé durant cette période aurait entraîné d’importants déplacements de populations vers la capitale ainsi que vers plusieurs pays de la Caraïbe, notamment Cuba, la Jamaïque, Porto Rico et la République dominicaine.

Les auteurs du rapport considèrent également que l’occupation a marqué durablement la vie politique haïtienne, notamment à travers les réformes institutionnelles entreprises sous l’administration américaine, dont la Constitution de 1918, ainsi que les relations entre Haïti et les États-Unis au cours des décennies suivantes.

Enfin, ils établissent un lien entre cette période historique, la création de nouvelles institutions de sécurité et certaines dynamiques d’instabilité qui, selon eux, continuent d’influencer la situation sécuritaire contemporaine.

À l’issue de cette semaine de réflexion, les responsables annoncent la publication prochaine du rapport complet du « Diagnostic communautaire d’Haïti », qui sera rendu accessible au grand public afin d’alimenter le débat sur les causes historiques du sous-développement du pays.