Haïti : entre insécurité et abus, le transport (aérien et maritime) saigne une population appauvrie
Haïti : entre insécurité et abus, le transport (aérien et maritime) saigne une population appauvrie

Les transports maritime et aérien constituent une véritable « vache à lait » pour un petit groupe en Haïti. C’est ce qu’affirme le coordonnateur national du Mouvement Unifié des Transporteurs Haïtiens, Duclos Bénissoit. Selon lui, il existerait une forme de connivence entre l’équipe au pouvoir et ce groupe restreint, qui tirerait d’importants profits de ce trafic.
À lui seul, le transport maritime générerait près de 54 millions de dollars par mois. Quant au transport aérien, il dénonce des écarts de prix incompréhensibles : un billet Port-au-Prince/Cap-Haïtien, proposé par la compagnie Sunrise, peut coûter jusqu’à 300 dollars américains, alors que, dans certains cas, un trajet entre Port-au-Prince et Miami, via une compagnie internationale, revient à seulement 60 dollars.
Le syndicaliste dit ne pas comprendre pourquoi, malgré les moyens mobilisés chars blindés, hélicoptères, drones et munitions les autorités n’arrivent toujours pas à neutraliser les groupes armés.
Il appelle ainsi les autorités à prendre des mesures urgentes pour pacifier le pays, condition indispensable à l’organisation des prochaines échéances électorales. Après dix ans sans élections, il estime que cette situation constitue une grave irresponsabilité pour la démocratie. Il en profite toutefois pour saluer certaines dispositions déjà prises par le Conseil électoral provisoire en vue de la tenue du prochain scrutin.