Tapis rouge pour l’ing. Kénold Décimus le nouveau Président d’honneur de la Bibliothèque Georges Castera de Limbé

Limbé a vibré au rythme du savoir et de l’espérance
Cet après-midi ne ressemblera jamais aux autres.
Des heures suspendues où le temps semble ralentir pour laisser la pensée respirer.
Cet après-midi-là, au cœur du Limbé, la Bibliothèque Georges Castera s’est transformée en cathédrale du verbe, en sanctuaire vivant où la culture, la musique et la mémoire se sont donné la main.
Dès l’entrée, le ton était donné.
Un tapis rouge accueillait le président ainsi que son staff, symbole d’honneur et de reconnaissance pour ceux qui ont choisi de servir la pensée.
Sous les applaudissements et les regards admiratifs, les personnalités ont foulé ce chemin écarlate comme on avance vers un engagement solennel.
À l’extérieur, la fanfare faisait vibrer l’air. Les cuivres éclataient comme une proclamation joyeuse : oui, la culture mérite d’être célébrée avec éclat, les tambours donnaient le rythme, rappelant que le savoir aussi a son battement, son souffle, sa cadence.
Le public est venu nombreux. Des élèves de plusieurs écoles de la ville, des enseignants, des notables, des passionnés de littérature, tous unis par une même soif : celle du savoir. On lisait dans les regards l’attente, dans les silences la promesse d’un moment rare.
La cérémonie s’est ouverte dans une atmosphère à la fois élégante et chaleureuse. L’animation, soigneusement orchestrée, alternait entre protocole et moments artistiques. Chaque transition était portée par une voix assurée, chaque intervention accueillie par des applaudissements nourris.
Les mots de bienvenue ont posé le cadre : ici, le livre n’est pas un objet décoratif, il est une lumière;
Ici, la culture n’est pas un luxe, elle est une nécessité;
Très vite, l’historicité de la bibliothèque, présentée avec profondeur et précision, a rappelé le chemin parcouru. On a évoqué les débuts, les défis, les sacrifices. On a compris que cette institution n’est pas née du hasard, mais d’une vision, d’un combat et d’un amour inébranlable pour la pensée.
Puis vint le mariage du saxophone et du piano.
Les premières notes ont traversé la salle comme une caresse. Le saxophone, vibrant et habité, dialoguait avec le piano, grave et majestueux. Ce n’était pas simplement de la musique ; c’était une conversation invisible entre les émotions.
La fanfare, revenue en douceur pour une transition magistrale, a ajouté une dimension festive et populaire à cette élévation artistique.
Les cœurs se sont ouverts. Les regards se sont adoucis. Pendant quelques minutes, le monde extérieur n’existait plus.
La parole des géants
Les textes lus de Georges Castera ont rappelé que la poésie est une arme douce mais puissante. Chaque phrase tombait avec le poids d’une vérité. Chaque vers semblait murmurer : »Résistez par la pensée. »
La lecture d’un extrait de « Alphabet intime » de l’écrivain Clément II BENOÎT a, elle aussi, profondément marqué l’assemblée. Sa plume, lucide et engagée, a transporté le public dans cette Haïti complexe et magnifique, que seule la littérature sait révéler avec autant de justesse.
Les discours se sont succédé, portés par la sincérité et l’engagement. Lorsque le Directeur fondateur, l’écrivain Clément II BENOÎT, a pris la parole, un silence dense s’est installé. Sa voix, habitée par l’émotion, a traversé la salle :
« Une bibliothèque n’est pas un bâtiment, c’est une promesse faite à la jeunesse, une promesse que, malgré les tempêtes, le savoir restera debout. Nous construisons ici des consciences, nous préparons des générations capables de penser par elles-mêmes. » D’un autre côté l’écrivain a rendu un vibrant hommage à Me. E. Jean Baptiste Brown , ancien président d’honneur de la Bibliothèque, à M. Enock Alexandre Past – Président du Rotary Club d’Aquin , M. Uder Antoine ancien secrétaire général de la Primature
Ces mots ont touché au cœur. On sentait dans son discours le poids des années de lutte, mais aussi la fierté d’avoir tenu bon.
Puis vint le moment tant attendu : l’intervention du Président d’honneur, l’ingénieur Kénold Décimus.
Calme, posé, regard habité d’une détermination tranquille, il s’est avancé avec humilité, sous les applaudissements et les échos encore vibrants de la fanfare.
« Construire, ce n’est pas seulement ériger des murs, Construire, c’est élever des esprits. Si nous investissons dans le livre, nous investissons dans l’avenir, si nous croyons en la jeunesse, Haïti ne peut pas mourir. »
Ses paroles n’étaient ni théâtrales ni grandiloquentes. Elles étaient vraies, profondes, engagées.
La surprise annoncée a arraché des sourires et parfois même des larmes. L’animation a su maintenir le suspense avec finesse, mêlant humour, élégance et respect du protocole.
L’atmosphère était chargée d’émotion, on ne quittait pas seulement une activité ; on quittait un moment d’élévation.
Cet après-midi, ce n’était pas un simple événement culturel.
C’était un signal;
Un signal que la pensée résiste;
Un signal que la jeunesse n’est pas abandonnée;
Un signal que des hommes et des femmes choisissent encore de servir.
La Bibliothèque Georges Castera de Limbé demeure ce phare discret mais puissant, éclairant les consciences dans un monde souvent obscurci par le bruit et l’oubli.
En quittant les lieux, beaucoup avaient les yeux brillants parce qu’ils avaient compris une chose essentielle :
tant qu’il y aura des bibliothèques,
tant qu’il y aura des livres,
tant qu’il y aura des hommes et des femmes pour défendre la culture,
il y aura de l’espérance.