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Opérations policières au bas de Delmas et au centre-ville de Port-au-Prince : la peur a-t-elle vraiment changé de camp ?

Depuis plusieurs jours, des agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH) mènent des interventions ciblées au bas de Delmas et dans le centre-ville de la capitale. Ces opérations sont saluées par certains organismes de défense des droits humains, notamment le Service Jésuite aux Migrants / Centre Karl Lévêque (SKL).

Selon cette organisation, ces actions musclées indiquent que « la peur commence à changer de camp ».Cependant, une question demeure : pour combien de temps ? Ce type d’offensives n’est pas nouveau. Par le passé, des interventions similaires ont été menées à Croix-des-Bouquets, dans l’Artibonite, à Pernier ou dans la Plaine du Cul-de-Sac, sans jamais produire les résultats escomptés à long terme. Si la police parvient souvent à progresser, elle échoue régulièrement à consolider ses positions et à sécuriser durablement les zones récupérées.

Au cours des opérations de cette semaine, la résidence du porte-parole de la coalition criminelle « Viv Ansanm » a été détruite à l’explosif. Si l’acte est symbolique, il ne suscite pas un enthousiasme débordant au sein de la population. Beaucoup s’interrogent sur l’efficacité réelle de la stratégie actuelle, constatant qu’à ce jour, aucun chef de gang notoire n’a été neutralisé.

Ces dernières interventions toutesfois, peinent à convaincre une population épuisée par la terreur incessante des gangs. Pour que la peur change véritablement de camp, les citoyens attendent des résultats tangibles et une présence policière permanente.